Au début de ce nouveau millénaire et au moment où doit se tenir cette élection présidentielle, c’est un sentiment général d’angoisse et d’insécurité qui pèsent sur la société gabonaise ;
une société malade, qui doute d’elle-même et de ses gouvernants.
Regardons autour de nous : la pauvreté s’étend et les inégalités s’accentuent ; de pays à revenu intermédiaire dans les années 1970, notre pays est aujourd’hui relevé au rang de pays
lourdement endetté.
Cette pauvreté se mesure à l’érosion du pouvoir d’achat des ménages des villes et des campagnes, au dépérissement de la vie économique avec son corollaire de compressions, de licenciements
massifs et de chômage endémique.
Abandon de la jeunesse, fragilisation de la famille, exclusion de la femme, prolifération des enfants de la rue, mendicité, prostitution, progression de la criminalité, de la moralité
infantile et maternelle, de la prévalence du VIH/SIDA, de la baisse de l’espérance de vie. Telle se présente le Gabon aujourd’hui.
Certains prennent prétexte des difficultés financières du pays et des ajustements structurels nécessaires de notre économie pour penser et prôner qu’il faut sacrifier les services sociaux et
abandonner à leur sort ceux de nos compatriotes qui n’ont pas assez de ressources pour disposer d’un logement décent, faire face à la maladie et assurer le bien-être de la famille.
C’est parce qu’il refuse une telle vision de la société, une telle situation de misère et d’exclusion que le RDPG appelle les gabonaises et les gabonais à se rassembler pour refondre le Gabon,
pour construire une société de justice, de solidarité et de partage.
Les gabonais attendent du futur Président de la république qu’il attache une attention toute particulière à la question de leur bien-être social et qu’il apporte des réponses précises,
ambitieuses et réalisables à la question du chômage, de la cherté de la vie, de la lutte contre la pauvreté et les inégalités, de l’école, de la santé, du logement, de la jeunesse, de la famille,
de la femme et de l’enfant.
Qu’ils se rassurent. La finalité de notre politique économique, c’est la justice sociale et la lutte contre la pauvreté.
1 – Créer Des Emplois et Lutter Energiquement Contre La Pauvreté.
Le travail est le premier facteur d’intégration sociale. Or la politique de développement mené jusque là a favorisé des investissements sans impact sur l’emploi et le chômage du fait de
l’inadéquation formation/emploi. Promouvoir un meilleur équilibre au profit du secteur moderne constitue une exigence d’une économie moderne et une urgence sur le plan social.
Nous entendons qu’à la fois l’Etat et le secteur privé mobilisent toutes leurs capacités au service de l’emploi et d’une juste répartition de la richesse nationale. Nous proposons de créer
une Commission Nationale de l’Emploi et des revenus (CNER) regroupant tous les partenaires sociaux (Etat, syndicats et Patronat) comme cadre de réflexion et d’orientation de la politique
nationale de l’emploi et des revenus. L’agence d’Etude et de Promotion de l’Emploi (AGEPE) en deviendra la structure opérationnelle et sera redynamiser pour encadrer et animer efficacement la
politique nationale de promotion de l’emploi.
a) Pour l’emploi, lancer de grands chantiers de développement socio-économiques
La croissance économique doit être consacrée prioritairement au développement socio-économique. Je propose deux grands programmes pour l’emploi et la qualité de la vie.
Le premier programme concerne les investissements publics dans le domaine des infrastructures, des services sociaux et administratifs qu’il faut intensifier pour soutenir les activités du secteur
privé, développer le capital humain et renforcer les capacités opérationnelles de l’Etat en vue du bien-être social.
Les propositions que nous avons déjà faites en matière de développement de l’infrastructure routière, de l’industrie des mines et de l’énergie, de renforcement des moyens de défense et de
sécurité, de même que les investissements dans le domaine de l’école, de la santé et de l’habitat nécessitent que le budget d’investissement de l’Etat puisse atteindre 500 à 700 milliards
de ressources financières à injecter dans l’économie nationale pour soutenir la création des emplois privés.
Le second programme concerne l’emploi public à travers le renforcement des ressources humaines dans les secteurs sociaux, dans la justice et dans la police.
Nous avons déjà proposé dès 2003, tout en veillant au respect des critères de convergence de l’Afrique centrale. Les effectifs de la police seront également renforcés et les déficits
d’enseignants et de personnel de santé seront comblés.
L’embellissement des villes, l’amélioration de l’environnement urbain et la lutte contre les ordures ménagères recèle aussi des gisements d’emplois. Nous entendons les développer avec les
collectivités locales dans des projets à haute intensité de main-d’œuvre.
b) Pour l’emploi, consolider le développement agricole et artisanal
Le secteur agricole devra rester le principal employeur du pays, ainsi que l’artisanat exercé pratiquement de manière informel. Les restructurations que nous
proposons ont pour objectif de moderniser les emplois dans ces secteurs et d’améliorer les revenus des populations, notamment les jeunes.
Au niveau de l’agriculture, il s’agira d’impliquer davantage les jeunes dans la production et la commercialisation des produits avec l’assistance technique et financière des structures
d’appui à mettre en place. Des institutions similaires prévues au niveau de l’artisanat favoriseront l’insertion des jeunes gabonais dans le secteur.
c) Pour l’emploi, mobiliser les entreprises
L’emploi public a ses limites, liées à la nécessité de recentrer le rôle de l’Etat et de faire du secteur privé le moteur de l’économie. En conséquence, c’est
d’abord aux entreprises qu’il revient de créer des emplois. Les marchés publics les y aideront dans le bâtiments et les travaux publics notamment ; mais, c’est surtout parce qu’elles seront
devenues plus compétitives et plus exportatrices que nos entreprises auront un impact décisif sur la situation de l’emploi au Gabon.
Dans cette bataille, nous souhaitons encourager tout particulièrement les Petites et Moyennes Entreprises, qui sont partout dans le monde les principales créatrices d’emplois, et soutenir la
sous-traitance.
Former les jeunes au management et à l’esprit d’entreprises, promouvoir l’auto emploi, renforcer l’encadrement technique des PME et les aider à obtenir un meilleur accès au crédit auprès des
banques, tout cela renforcera la place des PME dans la lutte contre la pauvreté et pour l’emploi.
2- Refonder le Système Educatif et Assurer l’Egalité de Chance à tous les Jeunes gabonais
La relative accalmie observée ces derniers mois sur le front scolaire et la sérénité qui a entouré les examens scolaires ne doit pas nous faire oublier que depuis une décennie l’école gabonaise
est en crise.
La société gabonaise, elle-même en crise, a besoin d’une Ecole capable de lui insuffler l’âme que les défis actuels exigent. Il nous faut nous doter des connaissances et qualifications que le
progrès requiert dans les conditions nationales et internationales actuelles. Refonder la société gabonaise dans ses valeurs éthiques et les questions liées au savoir passe par la refondation du
système éducatif dans ses missions, son organisation et son fonctionnement internes.
a) Fixer de nouvelles missions à l’école
La nouvelle école républicaine que nous souhaitons pour le Gabon sera un grand service public laïc et gratuit d’enseignement, de formation professionnelle et d’éducation permanente. Elle
s’appuiera sur cinq principes :
- elle doit être la résultante de notre histoire politique, économique et culturelle ;
- elle doit être nationale, c’est-à-dire s’inspirer des modèles internes et prendre appui sur les ressources nationales ; mais en même temps
elle doit préparer et consolider l’intégration africaine ;
- elle doit assurer à tous l’égalité de chances sans discrimination sociale ni régionale ;
- elle doit être organisée en plusieurs filières d’égales importances et compétitives ; qui contribueront à la mise en place d’une économie
moderne et performante ;
- elle sera un lieu de développement des langues nationales, un instrument de la culture nationale, de l’épanouissement individuel et de
l’intégration africaine.
Pour réaliser ces principes, nous proposons d’organiser l’école en 3 cycles :
- un premier cycle obligatoire, l’Ecole Fondamentale de la maternelle à la classe de 3ème ;
- un cycle secondaire et de pré spécialisation pour les enfants de 17 à 20 ans avec des passerelles entre les établissements d’enseignement général
et les établissements d’enseignement technique et professionnel ;
- un cycle supérieur et de spécialisation avec au moins une Université par province.
b) Améliorer le rendement interne du système éducatif
. Eradiquer la fraude aux examens et les tricheries à l’école est donc possible et nous le poursuivrons.
Mais la question de l’amélioration de rendement du système éducatif est plus profonde et plus complexe. Elle englobe la lutte contre l’échec scolaire, la qualité des programmes, des méthodes et
des moyens d’enseignements ainsi que la mise en œuvre de critères pertinents pour l’orientation des élèves.
L’effort de l’Etat, dans le cadre du projet d’appui au secteur Educatif/Formation, sera orienté prioritairement en faveur de la modernisation et du renforcement des équipements pédagogiques.
L’amélioration du rendement du système éducatif exige aussi des enseignements de qualité, c’est à dire, des enseignants motivés, et la reconnaissance du mérite professionnel. C’est
pourquoi, nous réaffirmons notre engagement à rendre effective l’application du décret abrogeant l’institution de salaires à double vitesse dans l’éducation nationale.
C’est également sur la base du mérite professionnel c’est à dire à travers un système objectif de sélection, que seront désormais pourvus les principaux postes de responsabilités (du système
éducatif) de manière qu’un véritable profil de carrière soit mis en place et serve d’instrument de valorisation de la fonction enseignante.
En ce qui concerne l’enseignement technique et professionnel, l’enseignement privé, il faut mettre fin à la précarité de la situation sociale du personnel et veiller à la qualité des
enseignements. Des contrats de travail devront régir les rapports entre le personnel et les fondateurs d’écoles privées et les contrôles pédagogiques se renforcer.
c) Assurer le droit pour tous à l’éducation
La population scolaire s’accroît à un rythme vertigineux. Les capacités d’accueil
doivent s’adapter pour que dans les cinq années à venir, se réalise notre objectif d’un taux brut de scolarisation de 100%. Nous nous félicitons de l’appui international. Des financements
extérieurs seront recherchés en appui aux efforts internes que nous entendons faire en vue d’accroître les capacités d’accueil aussi bien au niveau du primaire du secondaire général et technique,
que du Supérieur.
Avec le renforcement des capacités d’accueil, des méthodes et des moyens d’enseignement, les taux d’orientation et de réussite aux examens seront améliorés
Afin d’inciter les parents à scolariser les enfants dans les zones où les taux de scolarisation bruts sont faibles, des actions et des mesures spécifiques seront développées, en termes de
fournitures scolaires, de développement es cantines scolaires, d’allocations d’aides en faveur des enseignés.
Démocratiser l’Ecole, c’est enfin agir pour la réduction des taux d’analphabétisme et d’illettrisme dont les niveaux élevés constituent un obstacle à la lutte contre la pauvreté et à la
modernisation du pays.
d) Créer les conditions d’une administration efficace et harmonieuse du système éducatif
La sérénité et la paix à l’école restent à
consolider. Les actions que nous avons proposées pour renforcer les infrastructures, développer les moyens pédagogiques et réduire les taux d’échec scolaire devraient y contribuer.
En ce qui concerne l’enseignement Supérieur spécifiquement, ces actions seront complétées par un effort en direction des conditions d’hébergement de transport et de restauration des étudiants et
la promotion de la vie associative sur les campus et dans les cités.
Améliorer la qualité des enseignements, c’est aussi agir pour la :
- limitation des effectifs/classe ;
- formation initiale et continue des enseignants ;
- révision des programmes ;
- mise en œuvre des moyens pédagogiques modernes, le renforcement de la documentation et le projet de formation à distance.
Un nouvel élan sera donné au programme d’alphabétisation fonctionnelle, en mettant un accent particulier sur les femmes.
Ces actions seront soutenues et appuyées, dans le cadre de la Régionalisation, avec les collectivités locales et les communautés villageoises.
L’enseignement privé constitue à l’heure actuelle une composante essentielle du système éducatif gabonais. Nous souhaitons que ses rapports avec l’Etat soient
renforcés et rationalisés tant au plan pédagogique qu’administratif et financier.
Un cadre réglementaire nouveau sera mis en œuvre pour fixer les obligations des promoteurs privés, notamment en ce qui concerne la qualité des enseignements et les conditions d’embauche et de
rémunération du personnel enseignant, et pour renforcer les missions de contrôle de l’Etat.
f) Promouvoir l’insertion professionnelle des scolarisés et des déscolarisés
L’inadéquation entre les programmes et filières de formation et les besoins réels du marché du travail est une situation maintes fois dénoncée et que nous entendons corriger pour favoriser
l’insertion professionnelle des jeunes gabonais. Il faut pour cela que notre système éducatif s’ouvre sur le monde du travail et prenne davantage en compte les grandes tendances de la vie
économique et sociale de la nation. Nous souhaitons en conséquence une plus grande implication de tous les acteurs sociaux dans la définition des grandes orientations de système éducatif et un
partenariat dynamique avec le secteur privé en matière de formation professionnelle, et de promotion de l’esprit d’entreprise et d’aide à l’embauche. Les passerelles que nous proposons d’établir
entre l’enseignement général et la formation technique et professionnelle, dès les classes de 3ème, offriront des opportunités de formation à un métier et à un emploi.
3 – Promouvoir La santé Pour Tous. Garantir L’Assurance-Maladie Universelle
La santé est le fondement de la qualité de la vie de la population. Elle constitue un indicateur de développement et fait partie des droits inaliénables de l’Homme.
Notre système de santé est en déliquescence. La santé maternelle infantile est une constante préoccupation. La question de la malnutrition se pose avec de plus en plus d’acuité. Certaines grandes
endémies telles que lèpre, tuberculose, trypanosomiase, pian, fièvre jaune font encore des ravages.
Les maladies sexuellement transmissibles (MST) et les infections VIH/SIDA sont en progression inquiétante avec une prévalence nationale estimée à 10% de la population de plus de 15 ans. Comme
conséquence, la tuberculose est en recrudescence. Il nous faut refonder le système sanitaire en favorisant son accessibilité, en développant un politique de prévention et par la promotion de la
recherche et de l’industrie pharmaceutique.
a) Améliorer l’accessibilité aux services sanitaires et reformer l’organisation sanitaire.
Il nous faut renforcer
l’organisation sanitaire et engager un vaste programme pour améliorer l’accessibilité aux services sanitaires. Nous proposons que dans le cadre de la politique de décentralisation, chaque
village de plus de 500 habitants soit doté d’un Centre de Soin de Santé Primaire (CSSP) réalisé sur le budget communal et géré en partenariat avec la communauté villageoise. Les
Centres de santé polyvalents qui équiperont tous les chefs lieux de sous-préfectures grâce au financement régional, comprendront toutes les unités de médecine générale, de gynécologie,
de radiologie, de chirurgie et de protection maternelle et infantile, nécessaire à une couverture sanitaire optimale.
Il est urgent que chaque chef-lieu de département soit pourvu de service de spécialités au sein du centre Hospitalier Départemental (CHD), troisième niveau su système sanitaire que nous
proposons de mettre en place et dont la gestion sera confiée aux provinces. Dans le cadre de la décentralisation, chaque chef-lieu de province sera par ailleurs doté d’un centre Hospitalier
Universitaire régionale (CHUR) qui aura, outre l’enseignement, une vocation de recherche axée principalement sur les endémies et les pathologies locales.
Avec cette nouvelle organisation de l’administration sanitaire c’est à un partage des responsabilités, avec le transfert de compétences opérationnelles, que nous convions les collectivités
locales, afin que l’organisation et la gestion des activités des santé correspondent bien aux besoins prioritaires des populations et que la qualité des prestations soit appréciées par les
bénéficiaires.
Les infrastructures sanitaires et le personnel de santé sont insuffisants et mal gérés, notre pays est encore loin des normes internationales, et loin de pouvoir assurer correctement la
couverture sanitaire de la population.
b) développer une politique de prévention et intensifier la lutte contre le VIH/SIDA
Tout en développant la médecine curative, notre option principale est de fonder notre action sanitaire sur la prévention. Celle-ci sera pratiquée dans toutes les
toutes les structures sanitaires, en impliquant de façon particulière l’Institut national de la santé publique (INSP) et l’institut national d’Hygiène que nous proposerons de réhabiliter et de
déconcentrer.
En vue d’une meilleure prise en charge de la frange de population vulnérable que sont les femmes et les enfants, les centres de PMI seront ouverts dans toutes les villes du pays et dotés de
matériel adéquat et de personnel qualifié. Il en sera de même des services de santé scolaire et universitaire.
c) Réhabiliter la médecine traditionnelle ; promouvoir la recherche médico-pharmaceutique et l’industrie pharmaceutique.
Notre système sanitaire n’a pas encore tiré suffisamment profit des potentialités de la médecine traditionnelle. Ses rapports avec cette dernière nous
semblent empreints de trop de préjugés et de condescendance. Nous nous emploierons à revaloriser la médecine traditionnelle afin de renforcer les moyens de promotion du bien-être de nos
concitoyens. Nous proposons de créer un cadre et les conditions d’une franche et efficace collaboration des médecins et pharmaciens avec ceux de nos tradipraticiens qui auront fait la preuve
de leur sérieux et de leur compétence.
S’agissant de la recherche médico-pharmaceutique, son organisation et sa promotion constituent pour nous une priorité, pour atténuer notre dépendance vis-à-vis de l’étranger et pour
valoriser la pharmacopée traditionnelle. Nous proposons de mettre en place un institut du Médicament qui sera chargé de coordonner tous les travaux de recherche en la matière et qui sera le cadre
de collaboration de différents spécialistes, y compris les tradipraticiens, à la fabrication de médicaments traditionnels améliorés et codifiés.
Dans le domaine industriel et à partir de nos matières premières que sont le caoutchouc par exemple, nous souhaitons l’installation progressive d’unités de production de petits
matériels tels que les gants, les préservatifs, etc.…
d) Mettre en œuvre l’assurance- maladie dans le cadre d’un Système National de Sécurité Sociale Universelle
La maladie est le risque qui suscite le plus de déficit dans la gestion des ressources humaines et dans le développement du capital humain. C’est dans ce domaine
que nous devons innover avec audace, dans l’ensemble des mécanismes de prévoyance collective que nous envisageons de mettre en place, pour permettre aux populations de faire face aux
circonstances particulière de la vie : maladie, maternité, invalidité, accident du travail, vieillesse, décès, chômage, charges familiales, etc.
Le Système National de Sécurité Universelle que nous envisageons, aura pour objectifs :
- d’assurer la santé des populations en leur facilitant l ‘accessibilité financière aux soins ;
- d’atténuer les effets de la pauvreté et de combattre l’exclusion ;
- de promouvoir le développement de la médecine et des professions de santé ;
- d’assurer aux gabonais une retraite décente et désirée, aux femmes une maternité surveillée
Tous les résidents de ce pays y auront droit, quelle que soit leur profession ou leur origine sociale. Il comprendra plusieurs caisses dont la Caisse Nationale d’assurance-maladie que nous
proposons de mettre en place et de rendre fonctionnelle dans les trois années à venir.
4- Loger Décemment Les gabonais et Inventer Une Politique Pour La Ville
Parce qu’il abrite l’essentiel des actes sociaux de
convivialité, de solidarité et d’éducation nécessaire à, l’équilibre de la communauté et à l’intégration sociale, l’habitat doit constituer pour un gouvernement digne de ce nom une préoccupation
particulière. L’objectif du RDPG est d’assurer à chacun le droit au logement, c’est à dire de faire en sorte que tous les gabonais puissent disposer d’un logement décent dans un environnement
architectural adéquat, à un prix abordable. Pour cela nous proposons une nouvelle politique de l’habitat et de l’urbanisme s’appuyant sur des moyens juridiques, institutionnels et financiers
nouveaux.
a) Reformer le cadre réglementaire et institutionnel de la politique de l’habitat
Il est urgent de trouver des solutions stables à la spéculation foncière et immobilière, aux litiges fonciers, aux conflits entre propriétaires et locataires et à
la mauvaise qualité de certaines opérations immobilières.
Pour mettre fin à cette anarchie, nous proposons l’adoption d’un code de l’urbanisme, et de l’aménagement foncier pour définir les fonctions et les responsabilités des différents intervenants,
favoriser la production de terrains urbains et de logements et l’accession à la propriétaire immobilière.
Le rôle moteur que nous souhaitons et que joue le secteur privé dans ce domaine sera déterminé non seulement par le maintien du « mécanisme de concession d’aménagement foncier » mais
surtout par l’allégement des procédures d’autorisation de construire et de transfert de propriété, l’assouplissement des normes techniques minimales applicables à la réalisation de logements
sociaux et un encadrement efficace des promoteurs et propriétaires immobiliers.
Cette loi renforcera également le rôle régulateur de l’Etat et des collectivités locales, à travers la maîtrise d’ouvrages, les systèmes de contrôle technique, les moyens d’arbitrage entre les
opérateurs privés(propriétaires, promoteurs, locataires,…) et les mécanismes d’encadrement des loyers et des prix.
Pour atteindre l’objectif d’un « toit à chacun », nous comptons appuyer sur une Agence Nationale de l’Habitat (ANAH) pour la coordination de la politique nationale et sur les
collectivités locales auxquelles seront transférées des compétences accrues en la matière.
a) Promouvoir l’habitat pour tous
Le droit au logement doit être réaffirmé et se traduire dans les actes par une politique volontariste de promotion immobilière moderne. Pour cela nous proposons que l’Etat se réengage dans le
financement du logement et dans la mise en œuvre d’une politique d’habitat social. Le financement de l’équipement des terrains urbains et le refinancement à taux modérés des prêts acquéreurs
consentis par les banques seront soutenus par le « Fonds de l’Urbanisme et du Logement » que nous proposons de mettre en place à travers le regroupement du Compte des Terrains Urbains
(CTU), du compte de mobilisation de l’habitat et du fonds de soutien à l’habitat (FSH).
La promotion de l’habitat social se fera dans le cadre de « convention de logements à loyers modérés », qui garantira aux promoteurs immobiliers privés des avantages fiscaux et des
facilités administratives et techniques. Dans ce domaine, nous voulons engager dans tous les bidonvilles et les quartiers précaires du Gabon, un vaste programme de reconstruction et de
modernisation pour offrir aux plus faibles un toit et un cadre décent.
b) Développer la lutte contre les ordures ménagères et protéger l’environnement
La faiblesse des ressources affectées à protection de l’environnement urbain, la progression rapide de la population du pays et le développement industriel ont eu pour conséquence une dégradation
prononcée de l’environnement urbain avec l’entassement des ordures ménagères, la pollution des lagunes et l’inondation de certains quartiers pendant la saison des pluies. Tout ceci dégrade la
qualité de la vie et génère pour les ménages et pour la collectivité des coûts sociaux préjudiciables au développement économique et social. Il est urgent de réagir pour sauvegarder un
environnement sain et garantir le bien-être social.
Il faut en conséquence développer les réseaux de drainage et d’élimination des déchets liquides, tout particulièrement à Libreville, et renforcer les actions de collecte, d’évacuation et
d’élimination des déchets solides, notamment les ordures ménagères. Ceci nécessite des investissements importants dans les réseaux d’assainissement, dans l’implantation de décharges contrôlées et
dans la collecte et le transport des ordures. La contribution des bailleurs de fonds multilatéraux déjà appréciable, sera renforcée par des dotations substantielles au budget d’investissement de
l’Etat et aux budgets des collectivités locales.
c) Favoriser l’embellissement des villes
Avec la sauvegarde de l’environnement urbain, l’action en faveur de l’embellissement renforcera la beauté de nos villes et la qualité de la vie. Nous entendons par des contrats avec les
collectivités locales, impulser une politique volontariste d’aménagement d’espaces verts, d’aires de détentes et de jeux, et d’édification de monuments.
5- Développer le Sport pour Tous
Aujourd’hui le sport constitue un indicateur de la vitalité d’une nation. Il est de plus en plus un instrument d’affirmation et de prestige au plan international, et le centre d’une activité
économique et financière florissante. Le sport est donc un enjeu politique, économique et culturel dans la vie des sociétés modernes.
Au Gabon, le mouvement sportif est largement l’œuvre d’animateurs bénévoles qui entretiennent avec l’Etat des rapports ambigus, plus souvent conflictuels que synergiques. L’absence d’un cadre
juridique approprié, l’insuffisance des investissements publics consacrés aux infrastructures et équipements sportifs, la faiblesse des moyens consacrés à la formation et aux activités
éducatives, témoigne de l’absence d’une vision pertinente de l’importance du sport. Il faut réhabiliter le sport et favoriser sa pratique afin d’en faire un maillon essentiel de notre projet de
refondation.
Nous entendons mettre en œuvre une politique alternative pour contribuer à l’affirmation du prestige national, au développement de l’esprit d’équipe, de solidarité et de tolérance, à la promotion
de l’unité nationale.
Nous proposons de moderniser le cadre juridique de l’activité sportive, de développer le sport de haut niveau, de promouvoir les loisirs et le sport de masse, et de favoriser l’émergence d’une
industrie nationale, des équipements sportifs.
a) Moderniser le cadre juridique de l’activité sportive
Les nouvelles missions et les objectifs que je propose pour le sport, appellent un cadre juridique adapté, qui facilite l’organisation, la coordination et le financement, en précisant la place de
l’Etat, des collectivités locales, des entreprises et des initiatives privées dans l’activité sportive. Cette loi fixera les statuts des associations sportives et es athlètes, de manière que
l’activité sportive soit économiquement viable et favorise le passage progressif de l’amateurisme au professionnalisme.
b) Développer le sport de haut niveau
La promotion d’une élite sportive exige des actions spécifiques.
Celles-ci porteront plus particulièrement sur :
- la redynamisation des structures d’encadrement de l’élite sportive et la mise en place de nouvelles institutions (médecine sportive, centres
spécialisés de formation)
- le renforcement des moyens matériels et financiers des équipes nationales ;
- un statut de professionnels pour les athlètes de haut niveau
c) Promouvoir les loisirs et le sport de masse
La promotion du sport exige que nous adoptions une attitude plus moderne et valorisante. Celle-ci sera fondée sur la relation harmonieuse entre le sport et les études, la vulgarisation et la
démocratisation de la pratique sportive grâce à l’implication des collectivités locales et des initiatives privées dans la production des infrastructures sportives en vue de faciliter l’accès aux
installations et au matériel sportif, la promotion de la formation des cadres sportifs bénévoles et le soutien aux championnats nationaux.
d) Favoriser l’émergence d’une industrie nationale des équipements sportifs
Avec notre caoutchouc par exemple, la matière première est disponible pour développer une industrie nationale des équipements sportifs. Celle-ci s’avère nécessaire pour soutenir notre programme
de réhabilitation de la pratique sportive.
6- Engager avec les jeunes la refondation de la nation
La jeunesse est l’avenir de la nation. Dans l’histoire des sociétés, les jeunes ont de tout temps été à la base de toutes les mutations et le moteur de la lutte émancipatrice des peuples. La
jeunesse gabonaise n’a pas failli à cette mission, elle qui, depuis 1990 en particulier, se bat pour la refondation du pays. Elle ne saurait être négligée. Aujourd’hui, son opinion
compte dans les décisions qui engagent l’avenir du pays. Mais il faut faire plus pour favoriser son insertion sociale et son épanouissement.
a) Libérer les jeunes par l’éducation, la formation et l’emploi
La politique de l’emploi que nous entends mettre en œuvre aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain sera destinée en priorité aux jeunes. La nouvelle politique éducative que nous proposons
ambitionne de démocratiser l’école, de la rendre gratuite et obligatoire jusqu’à la classe de 3ème et d’instaurer des pré spécialisations pour les enfants de 17 à 20 ans avec des
passerelles entre l’enseignement général et l’enseignement professionnel de manière que les jeunes soient en mesure de relever les défis économiques et technologiques du nouveau millénaire et
s’insèrent harmonieusement dans la société gabonaise.
b) Assurer l’épanouissement de la jeunesse
Le vaste programme de refondation culturelle envisagé dans le cadre de la décentralisation doit permettre d’offrir aux jeunes les conditions d’épanouissement par la culture, les sports et les
loisirs.
Il convient également d’ouvrir les jeunes gabonais au monde par leur initiation à l’utilisation de nouvelles technologies de l’information et de la communication et en favorisant les voyages
d’études et la coopération internationale.
Les discriminations positives que nous souhaitons que l’on consacre aux jeunes doivent toucher leurs conditions d’existence, notamment de logement, de transport et de santé.
Nous encourageons les communes à développer une politique de foyers de jeunes et de « tarifs jeunes » pour l’accès au service public de transport et de santé. Nous soutiendrons toutes
les initiatives de prévention de la délinquance juvénile, de lutte contre la prostitution des jeunes, de lutte contre la drogue, et de promotion de la réinsertion sociale des jeunes.
A cet égard, un soutien effectif sera apporté aux institutions publiques spécialisées dans l’accueil de l’enfance déshéritée ou en difficulté, notamment, l’école des sourds, l’Institut pour la
promotion des aveugles, les pouponnières et les orphelinats.
7- Promouvoir la pleine participation de la femme au développement national
Les femmes représentent près de la moitié de la population gabonaise. Cependant, les nombreux problèmes auxquels elles sont confrontées au plan politique, économique et social, constituent de
sérieux handicaps pour leur promotion et leur épanouissement, pour leur pleine participation au développement du pays.
Pour atteindre l’égalité effective des chances entre hommes et femmes, il faut une réelle volonté politique. Celle-ci ne saurait être assurée qu’en instituant des mesures discriminatoires
positives (même transitoires) en faveur des femmes.
Aussi devons-nous ;
- instaurer (conformément aux recommandations du Conseil économique et social des Nations Unies et de l’Internationale Socialiste) un quota de 30%
en faveur des femmes à tous les postes de prise de décision, l’objectif à long terme restant la parité ;
- fonder notre politique sur le concept de « genre », pour ouvrir aux femmes tous les emplois et filières du « domaine
réservé » des hommes et créer un véritable partenariat entre hommes et femmes ;
- renforcer le dispositif juridique de protection de la femme au travail, pour favoriser l’égalité des chances à l’embauche et la promotion interne
des cadres féminins ;
- lutter contre la pauvreté en milieu féminin.
En milieu rural, les femmes dominent le secteur de l’agriculture vivrière (plus de 70%). Pour mieux les intégrer au processus de développement économique, il conviendra de mettre en place une
politique vigoureuse pour encadrer et promouvoir cette activité, lever toutes les entraves qui limitent l’accès des femmes au crédit, à propriété foncière, aux technologies appropriées, à la
vulgarisation des techniques culturales modernes, valoriser les secteurs d’activités à faible demande technologique (artisanat, fabrication d’huile, de savon, de pain, etc.) et intéresser les
femmes à l’agriculture spéculative grâce à des mesures incitatives. En milieu urbain, le secteur informel est celui qui absorbe le plus de femmes. Elles y représentent environ 65% des opérateurs
économiques.
Pour accroître la productivité et les revenus des femmes dans ce domaine, il conviendra de leur faciliter l’accès au crédit, de mieux les encadrer en vue de promouvoir leur savoir-faire. Enfin,
pour une meilleure intégration de la femme dans le tissu économique du Gabon, l’Etat prendra les mesures nécessaires pour renforcer et dynamiser les groupements et associations de femmes et pour
intégrer les femmes dans l’espace de l’Afrique centrale