Voilà près de vingt ans que l’économie gabonaise traverse une crise sans précédent. Malgré les lourds sacrifices consentis par le peuple dans le cadre de programmes d’ajustement successifs et
alors que les perspectives économiques mondiales s’annoncent prometteuses et que commerce mondial connaît une expansion, l’évolution des principales variables macro-économiques notre pays
n’inspire qu’inquiétudes.
La situation des finances publiques reste précaire, marquée notamment par la persistance des déficits budgétaires.
L’activité économique intérieure connaît une forte décélération .La production industrielle régresse dans de nombreuses branches ; le taux de croissance du PIB est en chute libre et devrait
être négative d’ici là.
Le chômage prend de l’ampleur et la pauvreté se généralise .Un sentiment de désespoir et de fatalité hante les gabonaises et les gabonais qui doutent de plus en plus de la capacité des
gouvernants à maîtriser la situation, à relancer la croissance et à améliorer leur existence.
Nous ne nous résignons pas à la crise actuelle. Nous refusons d’admettre que le Gabon est condamné et qu’il n’existe aucune voie de renouveau. Nous croyons que les difficultés de notre pays et
les interrogations de nos compatriotes peuvent trouver des réponses.
Cela suppose de l’ambition, du courage et de l’imagination.
De l’ambition pour explorer avec audace de nouvelles voies et de nouvelles stratégies.
Du courage pour rompre avec le conformisme et refonder totalement l’économie gabonaise.
De l’imagination enfin, car le Gabon a tous les atouts pour redevenir une grande nation.
Nous croyons à la pertinence et à l’efficience de l’économie sociale de marché que propose le RDPG pour bâtir une économie moderne, performante et compétitive, source de progrès social.
Nous proposons de la mettre en œuvre pour :
- assainir le cadre macro-économique et approfondir les reformes économiques ;
- moderniser et développer les infrastructures de base ;
- réhabiliter la météorologie ; promouvoir la science et la technologie dans un cadre développement durable ;
- réorienter et redynamiser la politique agricole ;
- redynamiser l’industrie et développer la production minière et énergétique ;
- promouvoir le tourisme et l’artisanat.
1 -Assainir Le Cadre Macro- Economique et Approfondir Les Reformes Economiques.
Pour créer les conditions d’une croissance soutenue et durable, il nous faut prendre des mesures fermes et courageuses d’assainissement de réformes économiques, de manière à redresser la
situation des finances publiques à stimuler la croissance et à réduire la pauvreté.
a) Restaurer les finances publiques
La situation désastreuse des finances publiques nous oblige à imposer une discipline budgétaire stricte ,de manière à réduire les dépenses non prioritaires et non pertinentes .Sur la base
d’un code de transparence sur la gestion des finances publiques que nous proposerons de faire adopter , les procédures de dépenses seront réaménagées en vue d’une surveillance plus stricte des
engagements de dépense et d’une plus grandes rigueur .Des situations d’exécution des budgets seront établies périodiquement, systématiquement et de manière à éviter les dérapages et à maîtriser
les DENO.
IL est urgent et impérieux que nous renouions avec la communauté financière internationale .Le Gouvernement tout entier sera mobilisé dans ce sens, afin que dans les meilleurs délais le pays
bénéficie aussi d’une assistance financière, soit éligible à l’initiative PPTE et puisse conclure des accords de remboursements du Gabon.
En attendant, le gouvernement s’emploiera avec détermination à la fiscalité et à la modernisation de l’administration fiscale, de manière à dégager une épargne budgétaire substantielle
respectant le critère clé de convergence de la CEEMAC.
Il s’agit d’améliorer sensiblement les recettes budgétaires sans augmentation des taux d’imposition qui découragerait la production, l’investissement et la création d’emplois encourageraient la
corruption et la fraude fiscale.
- L’élargissement de l’assiette fiscale, tant en ce qui concerne les personnes que les activités imposables, et un recensement rigoureux des contribuables.
La fiscalité de certains secteurs non soumis à l’impôt foncier, en particulier, fera l’objet de mesures particulières pour augmenter le rendement fiscal ;
-La rationalisation et la simplification de taxes existences, notamment l’harmonisation de la TVA, et la réduction des exonérations ;
- Le renforcement du contrôle fiscal et de la lutte contre fiscale tant à l’intérieur de l’administration fiscale qu’en direction des contribuables.
Les économies dégagées de l’augmentation de la gestion des ressources de l’Etat et de l’augmentation de l’épargne publique seront affectées prioritairement à la résorption des arriérés intérieurs
et à l’investissement public en vue d’amorcer la croissance et de lutter contre la pauvreté.
b) Mener une politique monétaire novatrice et efficiente
La politique monétaire sera orientée vers la dynamisation des concours du système financier à la reprise de la croissance économique tout en consolidant la stabilité des prix avec en perspective,
la suppression des avances statutaires de la BEAC. Pour atteindre cet objectif, il nous faut soutenir les actions qui visent à renforcer le rôle des banques, en particulier dans la
promotion de l’épargne longue, poursuivre la restructuration du système bancaire et soutenir le développement de la micro finances (COOPEC ,CREP) et des « banques mobiles «
rattachées au réseau postal ».
Les mesures diligentes que nous comptons prendre pour rendre effective l’application du code foncier rural et pour régulariser la situation des propriétaires fonciers urbains
devraient offrir aux banques des possibilités de garanties immobilières et renforcer leurs produits financiers.
c) Promouvoir la bonne gouvernance
La bonne gouvernance qui prône l’obligation de rendre compte dans la transparence, la participation du
peuple et l’Etat de droit sont aujourd’hui des dimensions essentielles, des facteurs déterminants de toute politique de développement, elle est un critère d’évaluation de la performance des pays.
La crise économique, politique et sociale que vit le pays est imputable essentiellement à la mauvaise gouvernance, à la corruption généralisée, à l’autorisation politique et économique, à
l’imputer, aux gaspillages. Il faut y mettre fin. c’est une exigence nationale. Nous ’y consacrerons avec d’autant plus de détermination et d’abnégation que par ses deux
dimensions objectifs et technique, la bonne gouvernance constitue la synthèse de nos objectifs de refondation. Les audits des privatisations et des liquidations que nous ferons entreprendre
seront le signe de notre engagement. Mais au delà, nous proposerons l’adoption d’une loi sur l’enrichissement illicite pour marquer notre volonté d’assainir l’environnement de notre politique de
développement.
d) poursuivre la libération économique et assainir l’environnement des entreprises
Avec l’option de l’économie sociale de marché, le RDPG certes, dit non au
capitalisme sauvage, aux égoïsmes étriqués et à la recherche effrénée du profit individuel, mais il entend résolument engager le Gabon dans la voie de l’économie de marchés où l ‘entreprise
et l’initiation privées sont le moteur de la croissance ; mais en conséquence, l’action de désengagement de l’Etat des secteurs non stratégiques doit être poursuivie et consolidée afin de
favoriser la mobilisation les performances des entreprises et d’accroître la compétitivité de l’économie. Dans certain secteur pétrolier dans le transport aérien, dans l’hôtellerie, dans
l’industrie textile, dans les secteurs bancaires et agricoles.
En ce qui concerne la filière de l’agriculture, nous réaffirmerons notre option d’une plus grande implication des opérateurs privées, en particulier les producteurs, dans les opérations de
commercialisation intérieure et de lutter contre la pauvreté.
Nous proposons d’agir dans trois directions et de faire aboutir cette importante reforme dans les meilleurs délais afin de rassurer le monde paysan :
- Mettre en place un cadre juridique et institutionnel, rationnel, à effet d’une meilleure définition des objectifs de l’action économique de l’état en
matière de commercialisation des produits agricoles dans un contexte libéralisé, mais régulé ;
- Installer les nouvelles structures de gestion de la filière ;
- Appuyer l’organisation du monde paysan (OPA) et promouvoir un secteur privé local performant.
La libération des activités agricoles rend nécessaire de définir de nouveaux moyens de financement du secteur. Nous soutiendrons les initiatives en vue de l’émergence d’institution mutualiste
d’épargne et de crédit agricole.
Pour assainir l’environnement des affaires, nous entendons mener des actions énergiques contre la fraude, la contrefaçon et la contrebande qui constitue aujourd’hui de grands fléaux économiques
et les grandes préoccupations pour les investisseurs.
La commission nationale de lutte contre la fraude sera structurée, activité et dotée de moyens d’action conséquents. De même, la reforme et redynamisation de la commission de la concurrence
et de la commission de répression des fraudes s’avère nécessaire pour démanteler les situations monopolistiques, sanctionner les pratiques anticoncurrentielles et renforcer la transparence du
marché.
Une protection plus efficace de la propriété industrielle sera mise en œuvre pour lutter contre la contrefaçon qui constitue une véritable calamité, notamment pour notre industrie textile.
Nous avons déjà évoqué les mesures que nous entendons prendre pour moderniser la justice et consolider l’Etat de droit. Nous avons également indiqué que le Code de la Fonction Publique garantira
la transparence des procédures des droits aux usagers. Nous compléterons ces dispositions par la réforme du code des marchés publics et celle du code des investissements pour plus d’autonomie et
de moyens.
a) Définir et mettre en œuvre des instruments plus efficaces d’incitation à l’investissement
L’accumulation du capital est le principal déterminant de la croissance. Celle-ci est en chute libre depuis qu’il est devenu de lus en plus difficile de mobiliser des financements extérieurs, que
l’investissement public s’est contracté et que la FBCF privée est en baisse en raison du contexte politique.
Renouer rapidement avec une croissance forte signifie dans ces conditions, stimuler vigoureusement l’investissement de l’environnement des affaires, constituent des éléments d’incitation.
2 – Moderniser et Développer les Infrastructures de Base
Les infrastructures de base sont des secteurs-clé pour attirer les investissements, soutenir le progrès économique et moderniser le pays.
Il nous faut prioritairement établir le potentiel économique de base, améliorer ses performances, et sa compétitivité, et assurer son développement pour construire une société de progrès, fondée
sur l’égalité, la justice et la solidarité.
a) Poursuivre la libération des Télécommunications et développer les Nouvelles Technologies de l’Information.
Avec l’Internet, les Télécommunications sont devenues, plus que par le passé, l’épine dorsale de l’économie, un enjeu national et international. Notre objectif est d ‘approfondir les
réformes structurelles et d’engager des actions ambitieuses afin que les ITL soient un puissant outil de construction d’une nation unie et solidaire, économiquement dynamique et
compétitive ; afin aussi qu’à l’échelon sous-régional et international le Gabon soit un solide partenaire dans la construction d’un nouvel ordre de l’information.
Pour cela, nous proposerons la reforme de la loi portant code des Télécommunications, de manière à prendre en compte le développement de l’Internet, la nécessité de libéraliser le téléphone fixe.
Nous veillerons à ce que dans le cadre des conventions avec les nouveaux opérateurs, le développement de la Téléphonie rurale soit intensifié, afin d’améliorer la densité téléphonique.
La mission de contrôle de l’Etat sera renforcée, notamment en ce qui concerne la qualité technique et la fiabilité de la facturation qui est l’objet aujourd’hui de récriminations des
gabonais.
Les projets d’informations des services publics et les diverses applications de l’informatique que nous comptons mettre en œuvre viseront à promouvoir la compétitivité des entreprises et à
améliorer la qualité et le rendement des institutions de l’Etat. Ces initiatives seront amplifiées par deux projets majeurs.
- la création d’une Ecole Supérieure des Télécommunications pour fournir à l’administration et au secteur privé le personnel de haut niveau nécessaire au développement du secteur ;
- le partenariat avec le secteur privé national et international pour développer des actions orientées vers la production des logiciels, le montage de matériels et la maîtrise industrielle
des filières électronique.
b) Moderniser les transports terrestres et développer les infrastructures
Avec les difficultés financières actuelles du pays, le réseau routier
national s’est considérablement dégradé. Faute de moyens financier, la privatisation de l’entretien routier n’a pas crée les conditions d’un entretien régulier des infrastructures, et fait peser
une grave menace sur le patrimoine routier et sur la compétitivité de l’économie nationale.
Nous devons prioritairement multiplier nos axes autoroutiers. Nous allons immédiatement engager des négociations avec le secteur privé qui devra aboutir à la construction de trois autoroutes
privées à péage :
L’entretien routier ainsi que celui des pistes sera confié au génie militaire avec l’appui des fonds régionaux.
Pour remédier aux difficultés de circulation à Libreville, nous comptons faire aboutir le projet de Train Urbain Librevillois (TUL) auquel nous proposerons d’asseoir deux autres : La
création d’un réseau de gares périphériques au Nord, au Sud et à l’est de Libreville.
Nous conduirons ces actions dans un cadre juridique et institutionnel rénové pour sortir le secteur de l’économie informelle. Le projet de code des transports que nous soumettrons au parlement
clarifiera les missions des différents intervenants (Etat, collectivités, Opérateur privés) et les conditions administratives applicables à la professionnalisation du
transport.
c) Réhabiliter le transport ferroviaire et soutenir l’intégration en Afrique
La situation d’abandon dans laquelle se trouve le chemin de fer gabonais est inacceptable. Il nous faut réhabiliter le transport ferroviaire et lui restituer le rôle historique qu’il joue dans le
développement des nations. Le rôle historique des chemins de fer doit être de favoriser l’intégration de l’Afrique Centrale et de mettre à la disposition de tous les peuples de notre sous région
les meilleurs produits au meilleur coût. Pour cela, nous nous engageons à créer, en accord avec les gouvernements de la sous région une ou plusieurs sociétés privées de chemins de fer modernes à
la dimension de l’Afrique centrale. Nous proposerons par exemple une ligne de chemin de fer, « la côtière » . Mais, Nous proposerons aussi, une ligne « du nord » .
D’autres voies peuvent être envisagées.
d) Promouvoir le transport aérien national pour soutenir la décentralisation et développer le tourisme
Comment réussir une politique nationale de l’aviation civile sans un projet cohérent et pertinent de développement national. Nous proposons de résoudre cette contradiction en associant le
transport aérien à notre grand projet de décentralisation et de promotion du tourisme. Pour cela, nous croyons nécessaire de rationaliser le cadre institutionnel d’une part, en renégociant
le contrat de concession de l’aéroport de Libreville pour établir le système de gestion intégrée de l’ensemble des infrastructures aéroportuaires et d’autre part en transférant toutes les
compétences de réglementations et de contrôle à une structure unique.
Avec la privatisation d’Air Gabon qu’il faudra réaliser au plus vite, et la réhabilitation des aérodromes de l’intérieur, l’avion deviendra un mode usuel de transport au Gabon et soutiendra
la décentralisation et le tourisme.
e) Renforcer la compétence de nos ports
Dans un environnement international de plus en plus concurrentiel, le défi majeur que doivent relever nos ports est celui de la compétitivité. Pour le port en eaux
profondes d'Owendo, l’objectif de compétitivité exige outre la rationalisation de la gestion technique et financière, des actions de réhabilitation et de modernisation des infrastructures et le
renforcement des mesures de sécurité.
3 - Réhabiliter le rôle économique et social de la météorologie
a) Réhabiliter le rôle économique et social de la Météorologie
Il faut sortir la météorologie de la situation marginale où elle est confinée depuis plusieurs décennies et lui assigner un rôle actif dans l’allocation optimale des ressources
nationales et dans la promotion de la compétitivité de notre agriculture et de notre industrie. Nous proposons de la doter d’un cadre institutionnel propre et de moyens techniques adéquats en
rapport avec nos ambitions.
Nous entendons mettre en place une structure nationale de coordination des activités météorologiques regroupant les différents initiateurs et acteurs du secteur, le conseil supérieur de la
Météorologie nationale. Pour la mise en œuvre des grandes orientations du Conseil, une agence Nationale dotée de compétences élargies et de moyens techniques et humains performants sera créée et
disposera d’antennes régionales pour gérer les activités et animer le réseau météorologique national.
C’est en s’appuyant sur ces deux institutions que la météorologique nationale pourra réhabiliter et densifier son réseau d’observation et servir efficacement l’agriculture, l’hydrologie, la
navigation maritime et aérienne, l’urbanisme et l’habitation.
b) Promouvoir la recherche scientifique et technologique
L’activité inventive est aujourd’hui l’instrument majeur de puissance, de domination et de compétitivité des nations. Le large fossé qui sépare les pays développés et ceux en voies de
développement s’explique essentiellement par les niveaux différents de maîtrise de la science et de la technique.
Notre ambition est que l’esprit scientifique s’enracine dans les mentalités individuelles et collectives de manière que la science et la technologie soient les vecteurs d’un développement
endogène et autoentretenu. En conséquence une nouvelle orientation de notre système de recherche scientifique et technologique s’impose. Nous proposons de développer des grands pôles de
recherches interconnectés étroitement, d’accroître les moyens de la recherche et d’intensifier la coopération scientifique internationale. L’université et les grandes écoles, les ministères
techniques et les entreprises constitueront les foyers de la recherche nationale.
A l’université et dans des grandes écoles, on pratique une recherche de haut niveau ; de nouveau moyens seront alloués pour moderniser les laboratoires et mettre en œuvre des programmes de
recherche de haut niveau en partenariat avec le secteur privé et les autres administratives technique, de manière que les résultat de la recherche soient directement valorisables en
entreprise.
Pour coordonner et orienter le système nationale de la recherche, un conseil Supérieur de la recherche regroupant les représentants des chercheurs, les Ministères et les opérateurs économiques et
socioculturels sera crée.
Un prix de l’innovation technologique sera décerné chaque année pour encourager les efforts des entreprises qui investissent dans la modernisation des outils de production et de la
compétitivité.
Une académie des sciences et de la culture sera créée dont l’objectif sera de soutenir, de récompenser et aider les meilleurs chercheurs gabonais et africains.
4- Développer le Capital Humain
Au nombre des variables qui favorisent ou entravent le progrès de L’Afrique, il convient de citer les capacités humaines à innover et à appliquer les technologies modernes pour conquérir la
nature et transformer les produits sous des formes qui répondent aux besoins internationaux .Le développement humain et le secteur social sont donc des facteurs de compétitivité. Le sommet
mondial de COPENHAGUE pour le développement social (1995) l’a reconnu et à engagé les Etats à appuyer prioritairement les politique qui œuvrent à la promotion d’un cadre de développement humain
et social centré sur le bien -être de l’homme. Depuis 2003, Le RDPG prône cette politique, pour des raisons économique certes, mais surtout pour des raisons humaines et morales.
Fidèle à cette doctrine nous ferons en sorte que la valorisation des ressources humaines et des renforcements des capacités occupent une place de choix dans les actions à entreprendre. En dehors
des initiatives en faveur de l’éducation, de la formation et de la santé, il nous semble nécessaire d’organiser une gestion stratégique des ressources humaines nationales. Dans ce cas, nous
proposons qu’une base de donnée complète sur les compétences nationales dans les diverses disciplines soit mise en place, afin de faciliter l’utilisation active des capacités gabonaises.
Le recyclage et le perfectionnement devrons faire partie des obligations des entreprises vis à vis du personnel. Les formations permanentes et les campagnes d’alphabétisations seront encouragées,
tout comme les voyages d’études qui permettent d’élargir l’horizon de nos compatriotes, en particulier des jeunes.
Une action volontariste de placement de nos compatriotes dans les institutions internationales sera menée. Le développement de l’esprit d’initiative et d’entreprise bénéficiera d’une attention
soutenue.
Nous avons déjà indiqué ce que nous comptons faire en matière d’information et de communication sociale. Ces actions seront complétées par une large ouverture des médias publics aux débats
contradictoires et à l’élargissement des connaissances de nos compatriotes.
5 – Réorienter et Dynamiser La Politique Agricole
L’agriculture gabonaise connaît un réel essoufflement ; l’inexistence du crédit agricole avec la dissolution de l’ONCA et l’extrême pauvreté des exploitations agricoles sont des indicateurs
patents.
Il est en conséquence d’une grande nécessité de réorienter et de redynamiser la politique agricole afin de renouer avec une croissance soutenue et de réduire la pauvreté en milieu rural. Les
actions stratégiques que nous envisageons de mettre en œuvre concerneront :
- l'amélioration de la productivité et de la compétitivité du secteur agricole ;
- le renforcement de la politique de diversification et de la promotion de l’agro-industrie ;
- la promotion du monde rural.
a) Améliorer la productivité et la compétitivité du secteur agricole
Pour limiter les pertes post-récoltes et renforcer la compétitivité du secteur agricole, il faut aussi assainir les circuits de distribution et rationaliser les mécanismes de commercialisation. A
ce titre nous travaillerons au renforcement de la chaîne Pistes agricoles – Centres de collecte – Marchés de gros – Marchés de détail. Comme nous l’avons déjà indiqué les efforts que nous
comptons faire en matière d’amélioration des pistes rurales. Un soutien financier sera apporté aux communes pour doter les principales zones de production, de centres de collectes et pour
développer le réseau de marchés de détail. Parallèlement, le secteur privé sera associé à la réalisation d’autres marchés de gros.
La surveillance et la régulation du marché intérieur des produits agricoles doivent être plus efficacement organisées. Nous proposons d’associer les Opérateurs économiques à la mise en place d’un
nouvel instrument de promotion de la commercialisation intérieure des produits agricoles. En ce qui concerne la commercialisation extérieure d nos produits agricoles, le processus en cours doit
être poursuivi..
L’intervention de l’Etat doit davantage cibler le développement des capacités, la mise en œuvre des mesures d’incitations, l’amélioration des techniques agricoles, la promotion de la qualité et
le développement des semences et des plants.On devra évoluer vers un Groupement d’INTÉRÊT économique (GIE) associant l’Etat aux organisations professionnelles Agricoles (OPA) et à la chambre
d’Agriculture, de manière qu’elle prenne plus efficacement en charge les Nouvelles missions que nous comptons lui assigner et qui viseront, à travers la formation, la valorisation des résultats
de la recherche et un meilleur encadrement, l’émergence d’organisations professionnelles performantes et le développement d’un secteur privé dynamique.
L’intervention de l’Etat doit également viser à soutenir la recherche-développement, à promouvoir l’aménagement, l’équipement et la gestion de l’espace rural.
Pour consolider la compétitivité de notre agriculture, il faut aller vers la mécanisation : cela permettra de réduire la pénibilité du travail agricole et de favoriser l’exploitation
rationnelle des sols.
L’industrie gabonaise doit y contribuer.
b) Renforcer la politique de diversification et promouvoir l’agro-industrie
Renouer avec une croissance soutenue dans le secteur agricole et réduire la pauvreté en milieu rural exigent aussi la diversification des cultures et la promotion de l’agro-industrie pour tirer
profit de nos avantages comparatifs. De nouvelles filières porteuses doivent être identifiées et promues, la spécialisation agricole régionale doit être développée et l’agro-industrie
dynamisée.
La promotion de nouvelles filières agricoles se fera sur la base de la spécialisation selon les conditions climatiques spécifiques à chaque région.
Les actions spécifiques en faveur du développement de l’élevage seront orientées en direction de la filière bovine, en accordant la priorité à la production laitière, ainsi que les filières des
élevages à cycle court (porcs et volailles). Autosuffisance et exportation : ces actions seront soutenues par la professionnalisation des éleveurs, la promotion des métiers et de la viande
et du lait, la modernisation et l’équipement des installations d’abattage et de transformation. Il nous faudra également faire la promotion de la pêche maritime et lagunaire, dynamiser la pêche
continentale et développer l’aquaculture.
Aujourd’hui fer de lance de l’industrie gabonaise, l’agro-industrie est appelée à devenir le moteur de la diversification des productions agricoles qui permettra d’assurer des prix rémunérateurs
et des revenus substantiels aux paysans.
La stratégie préconisée par le RDPG sera basée sur :
- la promotion desinvestissements privés pour accroître la capacité de transformation des produits de plantation et favoriser l’émergence de petites unités dans les filières de
diversification ;
- la promotion active de la consommation des produits du label national.
c) Promouvoir le monde rural
Avec le recentrage du rôle de l’Etat dans la politique agricole, l’heure est venue pour le monde rural de prendre en main sa destinée, de s’émanciper et de s’épanouir par l’auto-promotion. Nous
consacrerons à la promotion du monde rural toute mon énergie afin de lui assurer la place et la part qu’il mérite dans le progrès de notre pays.
Le bien-être social en milieu rural est étroitement associé au développement des infrastructures de base, notamment les voies de communication, de l’électricité, de l’hydraulique villageoise, des
infrastructures sanitaires et éducatives. C’est à travers le budget de la décentralisation que nous comptons transformer la vie en milieu rural.
Les organisations professionnelles agricoles et la Chambre d’Agriculture, qui constituent les piliers du développement agricole, bénéficieront d’un appui matériel et financier substantiel pour
consolider et relancer leurs activités. Avec l’appui des Centres de Métiers Ruraux et de la Banque Agricole, les OPA disposeront des compétences requises et des moyens nécessaires à la
modernisation des exploitations agricoles et à la promotion sociale du monde rural.
6 – Intensifier la Production Minière, Rationaliser et Redynamiser la Politique Energétique
Malgré les énormes potentialités que recèle le sous gabonais, le secteur des mines et de l’énergie a eu une contribution relativement faible au développement économique et social de notre
pays.
Confronté à la morosité persistance de sa balance des paiements, notre pays a l’opportunité et l’impérieux devoir de s’appuyer activement sur le secteur des mines et de l’énergie pour diversifier
la base de ses exportations et accroître des ressources ; ce faisant notre objectif sera de :
- économiser des devises sur notre facture pétrolière et améliorer sensiblement le solde de la balance des paiements ;
- renforcer la compétitivité de notre économie en réduisant le coût de l’électricité.
Pour faire du secteur des mines et de l’énergie un autre pôle de croissance de notre économie, aux côtés du secteur agricole d’exportation et du secteur industriel, nous proposons d’agir en
vue de :
- Redynamiser le rôle de l’Etat dans la définition du cadre juridique et institutionnel, la recherche et la promotion des potentialités minières et
énergétiques, de manière à attirer les investissements et intensifier la production ;
- Développer la production et les réseaux et assurer au pays un rôle dynamique dans la sous région ;
- Promouvoir les énergies nouvelles et renouvelables comme alternatives aux sources d’énergie classique.
a) Redynamiser l’action de l’Etat en matière minière et énergétique
Dans le domaine minier, de nombreux gisements ont déjà été identifiés, notamment l’or, le nickel, le cuivre et le platine, le manganèse, l’uranium, le diamant etc. Il
nous faut maintenant déployer et renforcer à une grande échelle les actions de promotion nationale et internationale de nos potentialités minières pour mobiliser intensément les capitaux privés
nécessaires à la valorisation de ces ressources minières. Notre ambition est de hisser ce secteur à 10% du PIB de notre pays d’ici 2007 contre moins de 3% aujourd’hui.
Dans le secteur des hydrocarbures, les perspectives prometteuses des différentes recherches, notamment dans le domaine gaziers, doivent être soutenues par une reforme globale du secteur
pétrolier. Nous suggérons d’instaurer un système de concurrence réglementée dans la production, l’importation, l’exportation, le transport, le stockage et la distribution des produits. L’effet
attendu étant la redynamisation des activités et la baisse des coûts.
La privatisation de ce domaine constitue la seconde dimension de la libéralisation du secteur. Une fois un nouveau code pétrolier adopté et les mesures de redressement interne de la société mises
en œuvre, la privatisation du patrimoine minier parachèvera le nouveau schéma d’organisation du secteur.
Avec les importants gisements gaziers, s’ouvrent à notre pays, de belles perspectives de production à bon marché et de vulgarisation du gaz butane ; ce qui permettra de lutter contre la
déforestation et la dégradation de l’environnement, aussi bien au Gabon que dans la sou-région.
Nous instruirons le Ministère chargé de l’Industrie afin que les trois projets liés à ce programme, à savoir la production de réchaud à gaz, celle de bouteille de gaz et la mise en œuvre sur
l’ensemble du territoire, de centres emplisseurs, fassent l’objet d’une grande priorité et trouvent dans les meilleurs délais des promoteurs privés et aux sociétés distributrices de produits
pétroliers.
b) Développer les réseaux et la production d’énergie électrique
Si les restructurations du secteur électrique ont permis une certaine amélioration de la qualité et surtout la distribution de dividendes confortables aux opérateurs privés, il est regrettable
que la satisfaction de la demande reste limitée, en particulier, en ce qui concerne l’électrification rurale, que les coûts de l’énergie électrique restent l’un des plus chers au monde.
Notre ambition est de transformer les conditions de vie des populations gabonaises et de bâtir une économie nationale moderne et compétitive ; en un mot de nous hisser au rang de nations
industrialisées et prospères.
C’est pourquoi l’énergie électrique, instrument stratégique de développement économique et social doit être défendu et soutenu.
A l’instar du secteur des hydrocarbures, nous envisageons un nouveau cadre institutionnel assis sur un nouveau cadre juridique et adapté aux ambitions du pays. Ainsi, nous comptons étendre à la
distribution le régime libéral dont jouit aujourd’hui l’activité de production d’énergie électrique, de manière à amplifier, à travers la multiplication d’opérateurs privés, l’équipement du
territoire et en particulier le développement de l’électrification rurale. Dans ce domaine, nous souhaitons que dans les cinq prochaines années, toutes les localités de plus de 1000
habitants; soit une moyenne de 500 localités/an.
Pour consolider la position concurrentielle du pays, nous croyons nécessaire de renforcer le parc des centrales thermiques utilisant le gaz naturel gabonais, de manière à satisfaire de façon
compétitive le système productif national, les grands programmes miniers et ferroviaires que nous avons évoqué plus haut ainsi que la demande en électricité de la sous-région.
Nous n’oublions pas les énergies nouvelles et renouvelables sur lesquelles travaillent avec dévouement des chercheurs isolés et qui font l’objet de quelques applications à travers le pays. Ces
initiatives seront encouragées et soutenues car elles conditionnent la modernisation de l’agriculture agro-industrielles et pastorales performantes.
7 - Développer l’industrie, assainir et redynamiser le commerce
Avec la mondialisation des échanges et la globalisation des marchés, l’industrie et le commerce apparaissent davantage chaque jour comme des secteurs incontournables dans le développement des
nations.
Malgré les grandes proclamations, les politiques menées depuis plusieurs décennies n’ont pas permis à l’industrie et au commerce d’impulser de façon décisive le progrès de notre pays qui
reste exposé aux soubresauts du cours des matières premières .Il nous faut inverser radicalement cette tendance. C’est en s’appuyant sur l’industrie et le commerce que le Gabon doit entrer dans
l’économie du 3ème millénaire, celle qui lui permettra :
- d’améliorer ses comptes extérieurs et de gagner des devises ;
- de créer des emplois pour sa jeunesse ;
-d’impulser une croissance soutenue et de lutter contre la pauvreté.
C’est aux pouvoirs publics qu’il incombe de créer les conditions matérielles, juridiques, financières et psychologiques pour redynamiser le commerce en vue d’impulser une croissance économique
forte et durable.
Nous te en ce qui me concerne, joindre les actes aux promesses et agir de façon résolue pour :
- renforcer la densité et la compétitivité du secteur industriel ;
- promouvoir les exportations et développer le commerce intérieur.
a) Renforcer la densité et la compétitivité du secteur industriel
Avec le recentrage du rôle de l’Etat, investir dans l’industrie est d’abord l’affaire du secteur privée. Le gouvernement encouragera cette tendance en renforçant les actions de promotion des
filières porteuses, notamment dans l’agro-industrie ou le taux de transformation des produits doit aboutir dans les cinq années à venir, à une modification radicale de la structure de nos
exportations au profit des produits industriels. Sur cette base la transformation du manioc, des fruits et légumes, la conservation de la banane plantain et les transformations industrielles dans
la filière céréales seront privilégiées afin de renforcer nos exportations, tout en contribuant à l’autosuffisance alimentaire.
Le second axe de la diversification du tissu industriel que nous entendons redynamiser, est celui de l’agriculture d’exportation, en particulier le cacao, le café, le caoutchouc, les oléagineux,
le textile, le bois et l’industrie sucrière.
Nous nous félicitons du relatif dynamisme des industriels du cacao qui, ces dernières années, ont consenti un réel effort d’investissement. Mais notre taux de production reste encore
faible.
Nous sommes convaincus que nous pouvons faire mieux et nous comptons encourager le secteur. Il faut prendre toutes les mesures pour garantir les approvisionnements des industriels dans le cadre
libéralisé de la filière café/cacao. Assurer 50% de transformation primaire de notre production nationale et 10% de production chocolatière dans les cinq prochaines années ne sont pas des
objectifs au-dessus de nos capacités dans le Woleu Ntem par exemple.
Au niveau de la filière caoutchouc, il n’est plus tolérable qu’avec notre potentiel de production, l’industrie des articles en caoutchouc soit inexistante dans notre pays. C’est un axe de
développement qu’en partenariat avec les opérateurs de référence dans le domaine et les sociétés hévéicoles, le gouvernement engagera pour diversifier les bases de notre économie et
consolider les revenus des planteurs villageois.
L’industrie textile est sinistrée. Victime de la fraude, de la contrefaçon et de la concurrence déloyale. Pourtant elle occupe une position stratégique par le nombre d’emplois directs et
indirects concernés. Nous veillerons à ce qu’elle ne disparaisse pas. Il s’avérera nécessaire de restructurer une nouvelle fois l’ensemble de la filière, depuis l’égrenage jusqu’à l’impression
avec en perspective le désengagement de l’Etat et l’implication de nouveaux opérateurs privés mobilisés à cet effet.
La filière bois doit pour sa part s’orienter davantage vers la deuxième et la 3eme transformation pour plus de valeur ajoutée et une utilisation rationnelle de notre patrimoine forestier.
C’est cette orientation qui sera soutenue, ainsi que celle visant à la création d’une usine de papier, attendue avec impatience par la presse et l’industrie de l’édition. Enfin, la filière des
biens d’équipements, quasi-inexistante doit être développée, pour soutenir en particulier le programme de modernisation de l’agriculture, de redynamisation de l’agro-industrie et de relance des
bâtiments et travaux publics.
C’est par sa compétitivité que l’industrie gabonaise pourra accroître ses parts de marché dans la sous-région et sur le marché international. Il s’agira de s’adapter aux standards internationaux,
à la réglementation de la CEEMAC et aux exigences des marchés en termes de coûts, de qualité et d’innovation technologique. Un programme national sera dédié à la recherche de la
compétitivité de notre industrie et toutes les institutions liées à cette question seront mobilisées à cet effet.
Nous attendons des petites et des moyennes entreprises (PME et PMI) qu ‘elles servent de fer à l’industrie et au secteur privé gabonais Aujourd’hui, le dispositif d’appui à la promotion des
PME est en crise tout comme, de façon générale, la stratégie de développement de l’industrie nationale elle-même.
Il est donc urgent de restaurer et redynamiser au plus vite les structures d’appuis aux PME managériales des promoteurs, à consolider la base financière des entreprises et à développer leur
capacité à exporter.
La situation financière fragile de la plupart de nos entreprises industrielles est liée à l’absence de financement à long terme dans le portefeuille des banques et leur réticence à développer la
gamme de leurs produits. Les résultats des actions d’amélioration de l’environnement des entreprises que nous avons évoquées plus haut, notamment au plan judiciaire et administratif,
constitueront des incitations pour stimuler l’engagement des banques dans le financement de l’industrie. Au delà, nous croyons nécessaire d’envisager la mise en place par l’Etat d’un fonds de
garantie pour sécuriser les banques et les inciter à appuyer la création et le développement industriels.
Nous souhaitons d’autre part, que les conditions de création des PME soient facilitées et sécurisées, par une assistance plus renforcée des promoteurs et par un accompagnement efficace pendant
les premières années de l’exploitation. Nous doterons les fédérations de PME d’une « MAISON DE L’ENTREPRISE » dotée des moyens modernes de communication, ou des services bureautiques
pourront êtres partagés en commun et nous veillerons à ce que la Chambre de Commerce et d’Industrie ait un rôle plus actif dans la redynamisation de l’industrie gabonaise.
Les terrains industriels font actuellement défaut, sacrifiés au profit de l’urbanisation galopante ; cela pénalise le développement industriel. Nous proposerons de régler la question
dans le cadre de la décentralisation en dotant chaque commune d’un schéma directeur d’urbanisme et d’une zone industrielle dont l’aménagement et la gestion pourraient faire appel au secteur
privé.
Nous souhaitons aussi séparer la gestion des terrains industriels de celle des terrains d’habitation, de manière à prévenir les tentations d’occupation abusive.
b) Promouvoir les exportations et développer le commerce intérieur
L’amélioration de notre balance des paiements et nos comptes extérieurs doit reposer principalement sur notre capacité à exporter. Notre balance commerciale est positive, la situation de la
balance des paiements est catastrophique. Il faut donc redynamiser les exportations, notamment celles des produits manufacturés à haute valeur ajoutée.
Le soutien de l’Etat doit être plus fort et plus soutenu par le redressement national en dépend. Pour garantir les prêts consentis par les banques aux exportateurs, nous souhaitons vivement qu’un
organisme d’assurance-crédit à l’exportation voit le jour.
Pour la mise en œuvre des actions promotionnelles, nous entendons doter notre capitale d’un parc des expositions digne de notre rang dans la sous-région.
C’est en améliorant notre capacité d’exportation que notre potentiel de production pourra être utilisé à plein régime et soutenir durablement la croissance.
Comme corollaire, les équipements et les circuits commerciaux intérieurs devront être modernisés, notamment pour assurer la fluidité de la distribution des produits vivriers et des produits
manufacturés. En ce qui concerne l’agriculture, nous avons déjà indiqué que les principales zones de production agricole seront dotées de centres de collecte et que le réseau de marchés de détail
sera développé en collaboration avec les communes. Le Groupement d’Intérêt Economique (GIE) d’appui à la commercialisation des produits agricoles que nous proposons de mettre en place en
partenariat avec les producteurs et les commerçants, sera l’instrument clé de la redynamisation de l’activité commerciale dans la filière agricole, à la fois pour réguler le marché,
développer les capacités humaines et développer de nouvelles opportunités d’affaires.
De même, la production industrielle locale doit s’appuyer sur un système de distribution dans lequel les gabonais seront au centre du dispositif. Nous proposons de lancer un grand Programme
d’Installation des Commerçants gabonais Modernes (PICGM) à la fois pour développer l’emploi des jeunes et promouvoir gabonisation de l’économie.
Toutes ces réformes doivent s’appuyer sur un cadre juridique cohérent et novateur. La loi d’orientation de l’activité commerciale que nous soumettrons au parlement comportera un ensemble de
mesures portant sur :
- le statut de commerçant ;
- l’insertion des gabonais dans l’activité commerciale ;
- la responsabilité des Chambre Consulaires ;
- le régime de l’activité commerciale ; le contrôle de la concurrence et la répression de la fraude.
S’agissant de la fraude, les actions de contrôle et de répression seront intensifiées avec la mise en place d’un nouvel instrument permanent de lutte, doté de compétences et de moyens étendus,
associant les différents intervenants du secteur.
8 - Redynamiser le tourisme et l’artisanat pour soutenir la croissance
Le tourisme est une industrie mondiale en forte croissance, pourvoyeuse de devises et d’emplois.
L’artisanat pour sa part constitue la base indispensable du tissu industriel comme l’atteste le processus d’industrialisation en Asie et même en Occident.
Le tourisme gabonais a énormément souffert du manque d’initiatives depuis des années.
Il s’agit maintenant pour notre pays et au regard de ses nombreuses potentialités, d’engager des actions qui permettront non seulement de réhabiliter la destination sur le marché mondial, mais
surtout de générer des ressources nouvelles nécessaires au redressement économique du pays. Pour ce faire, nous considérons que l’intensification de la politique de promotion de la destination,
la professionnalisation de l’offre et des produits touristiques et le développement des ressources humaines sont les trois axes de la nouvelle politique à mettre en œuvre.
Celle-ci devra s’appuyer sur un code du tourisme et de l’hôtellerie que nous proposons de faire adopter afin de définir les missions et les responsabilités des différents intervenants dans le
secteur touristique et de fixer des règles susceptibles de garantir la qualité des prestations et des produits, et d’améliorer notre compétitivité internationale.
Dans cette nouvelle perspective, il est clair que la question des ressources humaines représente un enjeu. De façon urgente, nous pensons qu’il faut mettre à niveau l’ensemble des opérateurs du
secteur grâce à un vaste programme de recyclage et de perfectionnement dans tous les domaines, depuis les guides du tourisme, jusqu’aux gérants de réceptifs hôteliers ; la capacité d’accueil
devra quadrupler dans les cinq années à venir pour satisfaire notre ambition et l’accueil d’un grand nombre de touristes en 2008. A court terme, un Institut Supérieur du Tourisme et de
l’Hôtellerie sera mis en place pour soutenir le développement de l’industrie touristique.
Parallèlement, le développement des écoles privées de tourisme devra être maîtrisé et les missions d’inspection et de contrôle qui relève du droit régalien de l’Etat assumées avec plus de rigueur
et de fermeté. Il en ira même, de tout ce qui doit contribuer à faciliter et à sécuriser le séjour des touristes au Gabon.
Ces efforts en faveur du tourisme ne devront pas nous détourner de l’artisanat, base indispensable du tissu industriel et qui constitue un gisement d’emplois et de ressources économiques. A
partir des besoins et des opportunités du secteur qui seront identifiés à l’issue d’un séminaire national que nous proposerons d’organiser, un Schéma Directeur de Développement de l’Artisanat
(SDDA) sera élaboré et mis en œuvre. Il permettra d’identifier les filières porteuses, d’évaluer le potentiel national et de mettre en place les structures d’appui à la production et à la
commercialisation des produits artisanaux et à la gestion des unités artisanales.